Le thermolaquage est une peinture en poudre appliquée par électricité statique sur une pièce métallique, puis cuite au four, le plus souvent entre 160 et 200 °C. La poudre fond, durcit et forme un film continu, sans solvant, qui protège le métal et lui donne sa couleur.
Voici le procédé de bout en bout, la température de cuisson, les métaux possibles, ses avantages et ses inconvénients.
Définition du thermolaquage
Le thermolaquage, aussi appelé peinture poudre, laquage poudre ou revêtement par poudre, consiste à déposer une poudre de résine thermodurcissable et de pigments sur un support conducteur. On dit d'une pièce traitée qu'elle est thermolaquée : un garde-corps, un portail ou un profilé thermolaqué a reçu ce revêtement cuit.
Le principe tient en deux temps. La poudre, chargée électriquement par le pistolet, est attirée par la pièce reliée à la terre et s'y dépose de façon homogène. Au four, elle fond, s'étale, puis réticule : elle devient un film dur qui ne peut plus refondre.
Les étapes du procédé
- Préparation de surface. Dégraissage, puis décapage mécanique (sablage ou grenaillage) ou traitement chimique selon le métal. C'est l'étape qui décide de l'adhérence.
- Masquage. Les trous taraudés, alésages et surfaces d'appui sont protégés par des bouchons silicone et un ruban polyester haute température qui tiennent la cuisson. Toute la gamme est dans la collection masquage.
- Accrochage. Les pièces sont suspendues sur des crochets de thermolaquage. Un crochet propre assure la mise à la terre : sans elle, la poudre accroche mal. Une pièce sans trou libre se suspend par une vis à œillet vissée dans un taraudage existant.
- Poudrage. L'opérateur applique la poudre au pistolet électrostatique en cabine de poudrage, où la poudre non déposée est aspirée et peut être récupérée.
- Cuisson. La pièce passe au four de polymérisation selon le cycle de la poudre (voir plus bas).
- Contrôle. Après refroidissement, on mesure l'épaisseur en microns avec un mesureur d'épaisseur, on contrôle l'adhérence (quadrillage) et la cuisson (test au solvant), puis l'aspect, la teinte et le brillant.
- Retouche si besoin. Un éclat au montage se reprend sans repasser au four, au stick ou à l'aérosol de retouche à la teinte : voir notre guide de la retouche après thermolaquage.
Température et durée de cuisson
La plupart des poudres polymérisent entre 160 et 200 °C, pendant 10 à 20 minutes une fois la pièce à température. Le temps se compte sur le métal, pas sur l'air du four : une pièce épaisse met plus longtemps à chauffer qu'une tôle fine. On le vérifie avec un enregistreur et des sondes posées sur la pièce la plus massive de la charge. Le couple exact temps / température figure sur la fiche technique de la poudre, et c'est elle qui fait foi.
Une cuisson trop courte laisse un film qui casse au choc et adhère mal ; une cuisson trop longue ou trop chaude jaunit les teintes claires et fait chuter le brillant. Ces écarts font partie des défauts du thermolaquage les plus fréquents.
Quelle poudre choisir, intérieur ou extérieur ?
- Polyester : la poudre de l'extérieur. Elle tient aux UV et aux intempéries, d'où son usage en bâtiment, menuiserie métallique, mobilier urbain. En façade, on prend souvent une qualité dite super durable.
- Époxy : très résistante aux produits chimiques et à la corrosion, mais elle farine au soleil. On la réserve à l'intérieur ou aux couches de fond.
- Époxy-polyester (hybride) : un compromis pour l'intérieur, courant sur le mobilier et les équipements.
Côté rendu, la poudre se décline en lisse (mat, satiné, brillant), en fine texture, en aspect sablé ou métallisé, dans les teintes du nuancier RAL et en teintes spéciales.
Sur quels métaux ?
Le support doit conduire l'électricité et supporter la cuisson : le thermolaquage concerne donc surtout les métaux. Chacun a sa préparation.
Thermolaquage de l'acier
C'est le cas le plus courant. Le décapage par sablage ou grenaillage retire rouille et calamine et donne le profil d'accroche ; sur acier, on vise couramment le degré de soin Sa 2½ (ISO 8501-1), sauf cahier des charges contraire. Pour l'extérieur, un primaire poudre riche en zinc sous la finition renforce la protection.
Thermolaquage de l'aluminium
L'aluminium demande un dégraissage puis un prétraitement chimique de conversion, bien rincé, pour que la poudre tienne dans le temps. Sans lui, la corrosion filiforme peut apparaître sous le film, surtout en bord de mer. En menuiserie et en façade, les prescripteurs demandent souvent un applicateur labellisé Qualicoat.
Thermolaquage de l'inox
L'inox se thermolaque après un dégraissage soigné et un sablage léger qui crée l'accroche, car sa surface lisse retient mal la poudre. L'abrasif doit être non ferreux (corindon, billes de verre) ou en inox, et n'avoir jamais servi sur de l'acier : un grain de fer incrusté rouille et soulève le film. Primaire ou prétraitement selon l'exposition et la fiche technique de la poudre.
Acier galvanisé, fonte, aluminium moulé
Ces supports dégazent à la cuisson et provoquent bulles et piqûres. On les dégaze au four avant poudrage, au-dessus de la température de cuisson prévue, puis on applique une poudre formulée pour les supports qui dégazent. Sur galvanisé, on ajoute un balayage léger à l'abrasif non ferreux ou une conversion chimique, et on commande une galvanisation destinée à être peinte (système duplex, norme NF EN 15773).
Thermolaquage ou galvanisation ?
Les deux ne font pas le même travail. La galvanisation dépose du zinc qui se sacrifie à la place de l'acier : c'est une protection cathodique, sans choix de couleur. Le thermolaquage pose un film barrière coloré. Sur un acier très exposé, on les associe : galvanisation puis thermolaquage, ce qu'on appelle un système duplex. Pour reprendre localement une galvanisation abîmée, hors four, une peinture riche en zinc comme ZincXpert 86 % zinc fait l'appoint.
Avantages et inconvénients du thermolaquage
Les avantages
- Un film dur et épais en une seule couche, de l'ordre de 60 à 80 µm sur acier selon la poudre et le cahier des charges (voir notre guide de l'épaisseur de thermolaquage).
- Une bonne résistance aux chocs, à l'abrasion et à la corrosion quand la préparation est faite.
- Pas de solvant à l'application, et la poudre non déposée se récupère en cabine.
- Pas de coulure, un aspect régulier et un large choix de teintes et de finitions.
Les inconvénients et limites
- Il faut un four : la taille des pièces est limitée par celle du four, et le support doit tenir la température.
- Une pièce posée ne repasse pas au four : les reprises se font par retouche locale, qui n'a pas la tenue du film poudre.
- Les angles rentrants se couvrent mal (effet cage de Faraday) et demandent un réglage du pistolet.
- Un changement de teinte impose de nettoyer la cabine et le pistolet.
- La préparation est exigeante : une surface mal dégraissée ou mal décapée donne un film qui s'écaille.
- La poudre fine se respire et, en nuage, peut s'enflammer : protection de l'opérateur et installation adaptée (voir particules fines et ATEX).
Durée de vie d'un thermolaquage
Il n'y a pas de durée unique : elle dépend de la préparation, de la poudre, de l'épaisseur et du milieu (intérieur, extérieur, bord de mer, milieu industriel). Une poudre polyester bien appliquée sur un acier correctement préparé tient de nombreuses années en extérieur ; la même poudre sur une surface grasse cloque vite. La norme ISO 12944 classe la durabilité d'un système anticorrosion sur acier, jusqu'au premier gros entretien, en quatre niveaux : basse (jusqu'à 7 ans), moyenne (7 à 15 ans), haute (15 à 25 ans), très haute (plus de 25 ans). Ce n'est pas une garantie : la classe visée se fixe au cahier des charges selon le milieu, de C2 à C5, et se vérifie sur la fiche technique de la poudre. Une poudre époxy posée dehors farine et perd son brillant. Le label de l'applicateur compte aussi ; en système duplex, la galvanisation prolonge la protection de l'acier.
Les défauts les plus courants
Peau d'orange, bulles, cratères, manque d'adhérence, angles nus, écarts de teinte ou de brillant : chaque défaut a une cause précise dans le procédé. Nous les détaillons un par un, avec le remède, dans notre guide des défauts du thermolaquage.
Pour les assemblages présentant des jonctions à fermer avant peinture, notre guide MMPP ou MMSA : quel mastic choisir avant thermolaquage ? détaille le choix selon votre ligne, l’application et le contrôle du joint.
Équiper un atelier de thermolaquage
BG COM AGENCY fournit les machines : chaînes complètes de thermolaquage, fours de thermolaquage d'occasion, cabines de sablage, et d'autres machines d'occasion. Mister Paint, notre marque, fournit les consommables et les EPI : masquage, crochets, retouche, métrologie et protection de l'opérateur. Consommables et EPI : livraison 24-48 h.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un métal thermolaqué ?
C'est un métal recouvert d'une peinture en poudre cuite au four. Le film obtenu est dur, coloré et sans solvant.
À quelle température cuit un thermolaquage ?
Le plus souvent entre 160 et 200 °C, pendant 10 à 20 minutes une fois la pièce à température. La fiche technique de la poudre donne le cycle exact.
Peut-on thermolaquer de l'inox ou de l'aluminium ?
Oui. L'inox demande un dégraissage et un sablage léger à l'abrasif sans fer (non ferreux), l'aluminium un prétraitement chimique de conversion.
Quelle différence entre thermolaquage et peinture liquide ?
La poudre ne contient pas de solvant, se dépose en une couche épaisse sans coulure et doit cuire au four. La peinture liquide sèche à l'air ou en étuve et se pose en plusieurs couches plus fines.
Quels sont les inconvénients du thermolaquage ?
Il faut un four, ce qui limite la taille des pièces, et une pièce posée ne repasse pas au four. Les creux et angles intérieurs se couvrent mal, et la préparation de surface est exigeante : une surface mal dégraissée donne un film qui s'écaille.
Combien de temps dure un thermolaquage ?
Il n'y a pas de durée unique : elle dépend de la préparation, de la poudre, de l'épaisseur et du milieu. La norme ISO 12944 classe la durabilité d'un système anticorrosion sur acier, jusqu'au premier gros entretien, de basse (jusqu'à 7 ans) à très haute (plus de 25 ans).
Peut-on retoucher une pièce thermolaquée ?
Oui, localement, avec un stick ou un aérosol à la teinte et au brillant d'origine, sans repasser au four. Notre guide de la retouche après thermolaquage détaille la méthode.
Une question sur votre atelier ?
Notre équipe vous répond sur le choix d'une machine, d'un consommable ou d'un EPI : contact@bgcomagency.com, 04 26 78 58 58.
À lire aussi : Grenaillage : guide complet · Sablage ou grenaillage : lequel choisir ? · Abrasifs pour le thermolaquage


























